Le rire est déclenché par une région de notre cerveau qui est plus ancienne que le centre de la parole du point de vue de l’évolution. Un nourrisson peut rire avant de commencer à parler. Le rire est également capable de contribuer au succès d’un processus de guérison. Cette découverte n’est toutefois guère mise à profit dans les approches thérapeutiques actuelles non médicamenteuses. Mais il existe néanmoins des exemples, aussi bien pour les traitements individuels que pour des thérapies de groupes rassemblant plusieurs personnes. L’effet positif du rire peut être observé, notamment dans les cas de douleurs chroniques ou de démence. Leur métabolisme hormonal se modifie lorsque des malades commencent à rire en répondant à des sollicitations venues de l’extérieur: les hormones du stress diminuent alors que, simultanément, des endorphines (les «hormones du bonheur ») sont émises en plus grandes quantités. De plus, l’apport en oxygène est amélioré en raison d’une respiration plus profonde et plus intense. Les effets sont positifs pour l’activité cardiaque et pour la tension artérielle. La musculature du diaphragme, du visage et de l’abdomen est fortement sollicitée: le rire peut activer jusqu’à une centaine de muscles; un puissant éclat de rire peut faire évacuer l’air des poumons à jusqu’à 100 kilomètres par heure! Une étude a montré que vingt secondes de rire valent une prestation corporelle de trois minutes d’aviron intensif! Autre effet positif du rire: des améliorations dans le fonctionnement de nos défenses immunitaires. Il a également été mis en évidence le fait que les patients qui souffrent de douleurs chroniques prennent moins souvent leurs médicaments antidouleur lorsqu’ils ont pu rire pendant quelques minutes. En effet, le rire a pour effet que le corps produit plus de substances anti-inflammatoires et il a même une action de prévention. La recherche en neurophysiologie a découvert que le rire peut se communiquer d’une personne à d’autres par le biais des «neurones miroirs».

L’humour: à la fois subtil et très personnel
Les rapports d’activité des clowns spécialement formés pour exercer dans les hôpitaux ou les homes attestent à quel point de petits agents déclencheurs peuvent avoir des effets importants. Dans le cas des personnes atteintes de démence par exemple, on peut observer que l’apathie disparaît du visage des malades et qu’ils établissent alors un contact avec le visiteur. Lors du chant en groupe, ils se joignent aux chanteurs ou marquent la mesure en battant des mains et en tapant des pieds. Il est possible d’éveiller un sourire sur le visage d’un malade, même sans disposer d’une formation particulière. L’art, c’est de découvrir comment «chatouiller» affectueusement les gens par le geste et la parole pour donner sa chance à un sourire …

 

Journée des malades

La Journée des malades est une association d’utilité publique fondée en 1939. En sont membres des organisations de patients, ligues de la santé, associations professionnelles, la Conférence suisse des directeurs et directrices de la santé (CDS) ainsi que d’autres organismes actifs dans ce domaine, dont la SSO. Une fois par année, la Journée des malades sensibilise la population à un thème particulier ayant trait à la santé. Elle entend ainsi contribuer à promouvoir de bonnes relations entre malades et bien-portants, favoriser la compréhension pour les besoins des malades et rappeler aux bien-portants leurs devoirs envers les malades. Elle s’engage en outre pour la reconnaissance des activités de tous ceux qui, à titre professionnel ou privé, se consacrent aux patients. L’association est financée par les cotisations de ses membres et par des dons: www.tagderkranken.ch/index.php?id=10&L=1.