« Le système dit de milice est une caractéristique incontournable de la démocratie suisse. Vous tous qui êtes présents dans cette salle, vous faites partie du capital politique de la Suisse », a déclaré Marco Tackenberg, chef du Service de presse et d’information de la SSO. « Mais ce système est en crise. Les associations, commissions et autres organes ont de la peine à recruter des membres qui acceptent de fonctionner à titre accessoire, et cela alors même que ce travail ouvre de nombreuses portes et donne des aperçus dans des domaines intéressants. » Il y a sept ans, la SSO a organisé la première journée pour soutenir ses cadres à titre accessoire et promouvoir leurs connaissances dans des domaines tels que la politique associative, les relations avec les médias ou la direction d’assemblées ou de séances. Cette année, la cinquième édition de cette journée a eu lieu au Kursaal de Berne.

Comment les journalistes travaillent-ils ?

Premier intervenant du jour, Antonio Fumagalli, correspondant de la NZZ pour la Suisse romande, a présenté le quotidien d’un journaliste. Il a montré l’évolution du paysage médiatique au cours de ces dernières années : plusieurs journaux, pourtant bien établis, ont disparu et de nouvelles sociétés de médias tentent de prendre des parts d’un marché qui rétrécit. « Malgré tous ces changements, les journalistes sont encore nombreux à se voir dans le rôle du quatrième pouvoir. Ils veulent sanctionner les abus de pouvoir et influer sur la politique. »

Comment un médecin-dentiste ou un président de section doit-il réagir lorsqu’un journaliste lui demande de prendre position sur un sujet ? « Les journalistes ne sont pas vos ennemis », a souligné Antonio Fumagalli, « et souvent, les relations avec eux sont plus faciles et plus humaines que vous ne l’imaginez. » Son conseil aux participants : « Les réponses concises données dans un délai aussi court que possible sont les plus utiles aux journalistes. » Le correspondant de la NZZ a en revanche averti : « Ne pas réagir à une demande est presque toujours une erreur. » Il a également rappelé que, en Suisse, il est d’usage d’être autorisé à relire ses citations. On peut et on doit l’exiger.

Lorsque les contacts avec un média aboutissent à un résultat insatisfaisant, Antonio Fumagalli recommande de chercher le dialogue avec le journaliste et, lorsque cette démarche n’aboutit pas, de recourir à la lettre de lecteur, d’exiger un droit de réponse ou, dans les cas graves, de saisir le Conseil de la presse.

Comparaison entre divers modèles de médecine dentaire

L’économiste et spécialiste du secteur de la santé Willy Oggier a comparé les modèles de médecine dentaire de quatre pays pour le compte de la SSO. Alors que la Suisse mise sur un modèle de soins dentaires libéral, la France, l’Allemagne et l’Autriche ont instauré des régimes d’assurance réglementés par l’État. L’étude de Willy Oggier montre que, dans ces pays, les nombreux avantages prétendus d’une assurance dentaire obligatoire ne concernent qu’un éventail très restreint de prestations. Cette étude a en outre permis de confirmer que, en règle générale, les assurés doivent assumer eux-mêmes des participations pour la plupart des soins pris en charge. Selon l’économiste, en Allemagne par exemple, « pour de nombreux patients, une prothèse dentaire représente une charge financière pratiquement insupportable. » De plus, autre constat de l’étude, une assurance dentaire obligatoire a pour effet de réduire les investissements des pouvoirs publics dans la prophylaxie.

Pour Willy Oggier, dès lors que la prophylaxie permet en grande partie de prévenir les caries et la parodontite, force est de constater que le modèle suisse présente de nombreux avantages, aussi bien pour les patients financièrement à l’aise que pour ceux qui sont socialement défavorisés. Il a toutefois souligné que ce modèle est menacé par les cantons lésineurs qui, pour des raisons financières, réduisent leurs efforts dans les soins dentaires scolaires.

La SSO contribue à l’amélioration du système

Willy Oggier a continué sa présentation en soulignant qu’il est bien entendu possible d’améliorer le système libéral en vigueur en Suisse en l’optimisant. Dans ce pays, certains traitements dentaires sont, sous certaines conditions, pris en charge par l’assurance-maladie, l’assuranceaccidents, les prestations complémentaires ou des oeuvres d’entraide. Les études effectuées à ce jour montrent que ce sont justement les personnes qui ont le plus besoin de couverture sociale qui sont les moins bien renseignées à ce sujet. Pour Willy Oggier, « il appartient à des institutions et associations telles que la SSO de suppléer l’État lorsque celui-ci ne fournit pas ces informations. » C’est pour cette raison que la SSO va prochainement lancer un projet-pilote afin de compenser cette lacune.

Les résultats détaillés de l’étude comparative de Willy Oggier ont été résumés dans l’article « Soins dentaires : la Suisse en comparaison internationale » paru dans le numéro 10/2019 du SDJ.

Diriger une association avec succès

La SSO et chacune de ses sections sont gérées par des médecins-dentistes et des gestionnaires qui travaillent main dans la main. Charles Giroud, consultant et partenaire de B’VM Conseil et gestion d’organisations sans but lucratif, a abordé leur interaction après la pause de midi.

Il s’est penché sur les trois écueils du travail associatif qui peuvent conduire à des conflits : la conciliation des points de vue de la section et du Comité central, de ceux des états-majors et de la ligne ainsi que de ceux des bénévoles et des professionnels. L’orateur a présenté des pistes prometteuses et, par exemple, conseillé de discuter les problèmes en interne, mais de ne s’exprimer que d’une seule voix à l’extérieur. Il a insisté sur le fait que l’association doit pouvoir profiter des compétences de chaque titulaire de fonction et sur l’importance d’une collaboration d’égal à égal.

Les pierres d’achoppement de la conduite d’assemblées

Sarina Keller, collaboratrice juridique du Secrétariat de la SSO, a été la dernière intervenante de la journée. Son exposé s’adressait principalement aux participants qui dirigent des assemblées, qui rédigent des propositions et qui prennent des décisions. « La bonne volonté ne suffit pas », a insisté la juriste, « il y a des choses qu’il faut absolument connaître. »

La convocation d’une assemblée conformément aux règles en vigueur ne s’improvise pas, raison pour laquelle Sarina Keller a recommandé aux cadres de la SSO de suivre une liste de contrôle comportant les différents points et délais correspondants. Elle a également souligné qu’il est important de savoir que toutes les règles ne sont pas forcément inscrites dans la loi et qu’elles peuvent figurer dans les statuts de l’association. La juriste a notamment mentionné la possibilité de pouvoir ou non voter sur des objets ne figurant pas à l’ordre du jour ou le respect de quorums imposés pour certaines décisions. Sarina Keller a achevé son exposé sur le conseil suivant : « Il est très facile de s’égarer dans la jungle des propositions, sous-propositions et contre-propositions. Alors, prenez le temps avant de procéder au vote. Vous pouvez, par exemple, interrompre l’assemblée pour une courte pause afin de trier les propositions dans le calme. » Elle a également remis une liste de contrôle type à chaque participant.

La documentation préparée par les intervenants peut être consultée sur le site Web de la SSO (domaine réservé aux membres > Politique corporative > Journée des cadres SSO).