Dans quelle mesure les patients d’aujourd’hui sont-ils attentifs à la prophylaxie ? Et quelles sont leurs attentes envers les médecins-dentistes ? Cette troisième partie de l’article consacré aux résultats de l’enquête 2019 auprès des médecins-dentistes s’attache à répondre à ces questions. En Suisse, les patients prennent soin de leurs dents. L’enquête d’opinion effectuée par la SSO en 2017 avait permis de confirmer que la plupart des patients connaissent les mesures de prophylaxie courantes telles qu’une hygiène buccodentaire soignée, la limitation de la consommation de sucre, l’utilisation de dentifrices fluorés et les contrôles dentaires réguliers. Près de 60 % des patients brossent leurs dents deux fois par jour, généralement matin et soir, et un patient sur trois même plus fréquemment, c’est-à-dire après chaque repas. En outre, huit personnes sur dix ont déclaré savoir que la carie est évitable.

Conscience de l’importance de la prophylaxie en progression

Il n’est donc pas étonnant qu’en 2019 également, près de trois quarts (73 %) des plus de 1900 médecins-dentistes qui ont répondu à l’enquête (ci-après : participants) ont observé une progression de la conscience que leurs patients ont de l’importance de la prophylaxie. 28 % des participants ont relevé une forte progression, alors que 45 % d’entre eux ont ressenti une légère amélioration dans ce domaine. En tenant compte des réponses des participants jeunes, il est possible de s’attendre à ce que la conscience de la prophylaxie stagne à ce niveau dans la population suisse. La SSO a donc tout intérêt à poursuivre son effort en matière de prévention et d’information.

Les attentes des patients progressent

Aujourd’hui, les patients ne se contentent plus de renseignements dentaires. Ils exigent également plus de transparence de la part du médecin-dentiste, notamment en ce qui concerne les prix. Plus de 70 % des participants ont noté que leurs patients ont une attitude plus critique que par le passé à l’égard des coûts de traitement. L’enquête a en outre fait ressortir que les patients des centres dentaires (78 %) et des médecins-dentistes qui ne sont pas membres de la SSO (75 %) sont plus critiques en matière de prix que ceux qui consultent des membres de la SSO. Le label SSO inspire également confiance dans un autre domaine : les estimations d’honoraires. Les médecins-dentistes qui n’appartiennent pas à la SSO sont invités plus souvent que les membres à fournir une estimation d’honoraires avant de commencer un traitement (70 % contre 62 %). Cela étant, les patients se montrent aussi plus critiques envers les méthodes thérapeutiques : les patients de sept participants sur dix demandent plus d’explications sur les diverses étapes du traitement que par le passé.

Plus de secondes opinions et des heures d’ouverture flexibles

Au cours des sept dernières années, la méfiance des patients envers la qualité des soins dentaires est demeurée pour ainsi dire constante (53 % contre 52 % en 2012). Il semblerait que les jeunes médecins-dentistes (35 ans et plus jeunes) et les médecins-dentistes qui exercent dans les centres dentaires soignent des patients plus critiques que ceux des médecins-dentistes des autres classes d’âge. Ils doivent répondre à plus de questions critiques sur la qualité des soins (respectivement 61 % et 64 %) que les médecins-dentistes exerçant en cabinet individuel ou en cabinet de groupe (53 % pour les deux catégories). De manière générale, les patients se montrent plus critiques que par le passé en ce qui concerne le choix thérapeutique et ils sont plus nombreux à demander une seconde opinion. Ainsi, 45 % des participants indiquent qu’avant de commencer un traitement, leurs patients sont plus nombreux qu’avant à requérir une seconde opinion.

Par le passé, les cabinets dentaires disposaient d’une plus grande latitude pour « convoquer » les patients. Aujourd’hui, il devient plus compliqué de trouver une date pour un rendezvous. Pour près de la moitié (48 %), les participants ont indiqué que les patients exigeant des heures d’ouverture flexibles sont plus nombreux par rapport à l’enquête de 2012 (+ 11 points de pourcentage). Les attentes des patients ne progressent donc pas seulement en ce qui concerne les méthodes thérapeutiques, les coûts et la qualité. En outre, plus qu’hier, les patients d’aujourd’hui sont attentifs aux mesures d’hygiène au cabinet (39 % contre 30 % en 2012), et cela surtout en Suisse latine (50 % en Suisse romande et 47 % au Tessin).

Cette enquête auprès des médecins-dentistes exerçant en Suisse montre clairement que les attentes des patients envers les praticiens ont augmenté au cours de ces dernières années, et cela surtout envers les jeunes praticiens. Il est donc important pour ces derniers de tenir compte de cette évolution, notamment en ce qui concerne la communication avec leurs patients.  Le médecin-dentiste qui explique ses choix thérapeutiques spontanément, qui présente des estimations d’honoraires de sa propre initiative et qui répond aux questions de ses patients de manière bienveillante et claire évite efficacement les questions critiques et prévient les malentendus fâcheux.